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Leila Alaoui

Photographe et vidéaste franco-marocaine, Leila Alaoui (1982–2016) a consacré son œuvre à la représentation des identités contemporaines, aux récits migratoires et à la dignité humaine. Formée à la New York University, elle a très tôt développé une pratique de l’image à la croisée du reportage et de l’art visuel.

 

À travers ses photographies et ses vidéos, elle a cherché à raconter les vies ordinaires avec une intensité singulière, loin des stéréotypes et des discours figés. Pour elle, la photographie n’était pas un outil de captation, mais un langage d’écoute et de réparation.

Son œuvre s’ancre dans un profond humanisme. Chaque portrait, chaque séquence filmée témoigne d’un respect absolu pour les personnes photographiées. Qu’elle documente les migrations à travers la Méditerranée, les traditions au Maroc ou la jeunesse dans le monde arabe, Leila Alaoui donne à voir l’humanité dans toute sa complexité — ses blessures, ses désirs, sa beauté.

Par la lenteur de son approche et la force de sa présence, elle établissait avec ses sujets un lien de confiance rare, transformant chaque rencontre en acte de reconnaissance.

Dans Les Marocains, elle sillonne le pays pendant plusieurs années pour dresser un portrait collectif du Maroc rural, entre dignité et diversité. Avec No Pasara, elle donne visage et voix aux jeunes Marocains rêvant de traverser la Méditerranée, interrogeant ainsi les frontières et les désirs d’ailleurs. Ses images, d’une grande rigueur formelle, transcendent le documentaire pour atteindre une dimension symbolique et universelle.


La lumière occupe dans son travail une place centrale : naturelle, diffuse, presque spirituelle. Elle éclaire sans jamais surexposer, révélant les textures de la peau, la profondeur des regards, la présence silencieuse des corps. Chez Leila Alaoui, la lumière n’est pas un artifice esthétique, mais une métaphore de la rencontre — celle de la vérité de l’autre, de la fragilité du monde et de la promesse d’un dialogue possible. Cette maîtrise du clair-obscur et de la lenteur confère à ses images une dimension picturale, à la fois intemporelle et profondément ancrée dans le réel.

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En janvier 2016, alors qu’elle travaillait sur un reportage pour Amnesty International au Burkina Faso, Leila Alaoui a été grièvement blessée lors d’une attaque terroriste à Ouagadougou. Elle décède quelques jours plus tard, à l’âge de trente-trois ans. Sa disparition prématurée a profondément marqué le monde de la photographie et au-delà, révélant à quel point son œuvre, bien que brève, portait déjà une résonance universelle. Depuis, ses images continuent de voyager dans les expositions, les écoles et les consciences, rappelant que l’art peut être un geste de survie et de transmission.

Leila Alaoui travaillait entre la France, le Maroc et le Liban, développant une œuvre profondément transnationale. Son regard traversait les frontières géographiques, sociales et culturelles, cherchant à comprendre ce qui relie plutôt que ce qui sépare. Artiste, mais aussi témoin de son époque, elle utilisait la photographie et la vidéo comme des outils politiques au sens noble du terme : des instruments de conscience. Son engagement en faveur des droits humains et des libertés individuelles l’a conduite à collaborer avec de nombreuses organisations internationales, dont Amnesty International.

OEUVRE 

NO PASARA
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LES MAROCAINS
CROSSINGS
NATREEN
L'ÎLE DU DIABLE
MADE IN INDIA

Leila Alaoui a exploré des thèmes de l'identité, de la migration et de la diversité culturelle à travers des œuvres majeures telles que "Les Marocains", "No Pasara", "L'Exil" et "Crossings", capturant les récits poignants des marginalisés avec une profonde humanité.

En 2020, la Fondation Leila Alaoui a été créée pour préserver, diffuser et valoriser son œuvre à l’échelle internationale. Ses photographies ont depuis été exposées dans de grandes institutions telles que le Musée d’Art Moderne de Paris, la Maison Européenne de la Photographie, l’Institut du Monde Arabe, ou encore le Musée Yves Saint Laurent Marrakech. Cette reconnaissance mondiale témoigne de la force de son regard : celui d’une artiste capable d’unir les territoires, les générations et les sensibilités par la seule puissance de l’image.


Le Centre Interculturel Leila Alaoui (CILA) s’inscrit dans cette continuité. En portant son nom, il ne se limite pas à lui rendre hommage : il prolonge sa démarche. À travers des programmes de création, de résidences et d’expositions, le CILA fait vivre son esprit d’ouverture et de dialogue. La Tour des Abbés devient ainsi un lieu de transmission vivante — un espace où la mémoire de Leila, son exigence artistique et son engagement pour la dignité humaine inspirent les artistes d’aujourd’hui et de demain.

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